Quel a été votre parcours ?J'ai d'abord été instituteur, après mes études à l'École normale de Malonne. Ensuite, j'ai fait des candis en biologie à Namur, puis une licence en biologie à Leuven. Après cela, j'ai décroché une licence en pédagogie à l'Université de Mons Hainaut, et enfin un doctorat en sciences de l'éducation à Mons. Ma thèse portait sur la construction des programmes scolaires. J'ai aussi été détaché pendant 4 ans au cabinet du ministre Lebrun. C'était au moment où l'on a créé les hautes écoles, de 91 à 95. J'étais attaché à la revalorisation des écoles normales et à la prospective de leur insertion dans le contexte européen...
Qu'est-ce qui vous a fait choisir la biologie, et plus particulièrement la botanique ?Pendant des années, je suis parti avec les camps des jeunesses scientifiques. Cela me plaisait énormément. Il se fait aussi que j'aimais bien les labos. Je suis d'une famille ouvrière et, quand j'étais adolescent, Papa voulait que j'aille travailler à l'usine pendant les vacances. Et je me suis retrouvé au laboratoire dans une aciérie du côté de Charleroi. On y testait, par exemple, le taux de manganèse dans les aciers, et des choses comme cela... Et puis, plus tard, comme j'étais instituteur, quand j'ai entrepris les licences en biologie, je savais que j'allais être prof.
Une part importante de votre vie est également consacrée à la sculpture...J'ai commencé en 1992. Un noyer de notre jardin est tombé... Miraculeusement, d'ailleurs, sans faire de dégâts... Il se fait que j'allais très souvent dans les montagnes du Val D'Aoste, dans le Nord de l'Italie, où il y a une tradition de sculpture très importante. Et quand le noyer est tombé, mon entourage m'a dit "Tu dois faire quelque chose avec tes mains, pourquoi n'essaierais-tu pas la sculpture sur bois ?"... Alors, j'ai commencé à sculpter, avec les deux ou trois ciseaux à bois et le maillet que j'avais. Plus tard, j'ai eu l'occasion d'emprunter, puis de racheter, un ensemble d'outils à la tante d'un collègue, près de Spa. J'ai donc une panoplie d'outils qui force même l'admiration de mes amis sculpteurs valdôtains... Nous continuons en effet d'aller là-bas le plus souvent possible car une de mes trois filles s'y est mariée, et nous y avons deux petits-fils.
Vous vous inscrivez dans une tradition très ancienne puisque vous ne sculptez que des saints...Oui. Et toujours en bois de noyer. Avec une dimension naïve, puisque je suis autodidacte... C'est très gai parce que je pars chaque fois d'une bûche. Mais je me documente très sérieusement sur les saints que je sculpte. Jusqu'à présent, j'en ai fait une petite centaine... J'ai fait la Cène aussi, qui figure dans le hall central du Segec... J'ai même sculpté un Saint Caboulet (des romans d'Arthur Masson) qui est exposé dans un café à Treignes... C'est très varié... À ce sujet, j'ai d'ailleurs vécu une anecdote amusante, lors d'une exposition à laquelle je participais à Grenoble. J'étais face à un sculpteur français qui ne faisait que des femmes nues. J'arrive avec mes caisses, il me demande ce que je sculpte. Je lui réponds "Rien que des saints...". Il me dit "Ah, c'est une idée, tiens...". Le seul problème, c'est que l'artiste du nu et moi, nous ne parlions pas du même genre de "saints". On a bien ri quand on s'en est aperçu.
Nicolas Van den Bossche